Il y a un an, depuis la Bretagne, nous parvenait cette triste missive… Ignorants, mais armés d’une grande volonté, nous avons parcouru des montagnes de documents et des tonnes de pages Internet à la recherche de toutes sortes d’informations… Les répercussions de ce type de projet ne devant plus avoir aucun secret pour nous.
C’est très vite que nous avons compris que notre territoire devrait avoir aujourd’hui, une histoire différente, si le permis octroyé par l’Etat en 1988, l’avait conduit à la mise en exploitation de cette mine.

Voici le genre de Une,
que nous aurions pu lire dans nos journaux…

Les anciens mineurs de Castelnau de Brassac victimes de l’amiante veulent un procès !(Imaginées à partir des unes suivantes : Moselle, Puy-de-Dôme, Nord-Pas-de-Calais, Ariège…)
Suite aux fortes pluies, les habitants de la vallée de l’Agout s’alarment de la pollution de leur sol ! (Imaginées à partir des gros titres suivants : Saint-Felix-de-Pallières, Vallée de l’Orbiel, Noailhac…)

Pure fiction chez nous,
mais bien triste vérité ailleurs

Plusieurs chiffres extraits de la notice d’impact de l’époque, nous laissent penser que ces faits imaginaires auraient bien pu faire partie de notre réalité…

100 000 m3 de résidus miniers stockés à 250 m du hameau de Fumade…
150 kg d’explosifs utilisés chaque jour…
100 m³/heure d’eau à traiter…

Pas de chantiers dans nos paysages, mais juste des monts enchantés, où il fait bon vivre…

C’est en poésie que nous souhaitons le clamer haut et fort, ça aurait pu être au château de Lacaze le 16 mai 2020, jour de la remise des prix du concours de poésie organisé entre autres par le PETR des Hautes Terres d’Oc. Nous ne doutions pas de la présence de certains élus, naviguant plus ou moins à vue, dans les hautes sphères d’Oc, des élus venus encourager voire applaudir la culture et le patrimoine local, dont ils croient le tout bien évidemment compatible avec une mine, synonyme à leurs yeux de développement économique, un développement économique quel qu’il soit qui serait nécessaire à la survie de nos Hautes Terres d’Oc. Une ironie, un brin perverse ! Mais hélas, le coronavirus en a voulu autrement, et c’est sur les ondes de Radio Lacaune que Stop Mines 81 a appris sa deuxième place dans la catégorie « participation collective : Le monde minéral, la pierre dans tous ses états… ». En attendant de pouvoir lire notre poésie sur le recueil qui sera édité par les organisateurs, nous vous invitons à découvrir le texte que nous avons présenté :

Stop Mines 81, un collectif bigarré, attaché à nos terres et à nos Pierres d’Occitanie !

Non Bercy !

Alors que le dossier de ce projet de mine est sur le bureau du ministre de l’économie et des finances en attente de sa décision, un rassemblement citoyen s’est déroulé ce samedi 1er février à l’appel du collectif Stop Mines 81.
Ce sont près de 200 personnes qui ont bravé cette fraîche et humide matinée hivernale pour marquer leur opposition, à proximité de l’endroit supposé des éventuelles installations minières (Stockages de déchets miniers et entrée de la mine,…).


Plus que jamais restons mobilisés.
Déterminés, oui !
Des terres minées, non !

La réunion publique organisée ce mardi 3 décembre 2019 au soir par Tungstène du Narbonnais, l’entreprise qui veut exploiter une mine sur Fontrieu, est riche d’enseignements, et démontre la nécessité de poursuivre notre lutte.

Les réponses aux questions qui ont été posées ont montré un changement de leur projet, en rapport direct avec différents points que Stop Mines 81 soulève depuis sa création : par exemple exclusion volontaire de sondages sur des zones autour de captage d’eau (en passant, comment définissent-ils le rayon ?), affirmation d’une mine exclusivement souterraine (en contradiction avec leur mémoire), abandon prétendu ferme d’un futur système de traitement par flottation sur site (pour minimiser les risques de pollution disent-ils), transport et traitement du minerai à très grande distance ( ce qui n’est pas plus écologique), etc… De plus, la société ne rechercherait désormais que du tungstène, dans un but évident de simplification du dossier, mais ouvrant la possibilité à d’autres sociétés de déposer des PERM pour d’autres substances.

Des questions sont restées en suspens, comme celles concernant la présence de sulfures et de trémolite (qui pourrait se révéler être sous conditions une forme d’amiante), ou encore les quantités d’eau qui seront mises en jeu pour l’exploitation, l’extension de l’exploration au nord de la zone.

Par ailleurs, ils ne tiennent pas compte des 56 refus de forages d’ores et déjà signés par les propriétaires, et chercheront vraisemblablement à leur faire changer d’avis.

Nous développerons dans les temps qui viennent plus précisément tous les thèmes abordés lors de cette réunion, pour montrer les incohérences, omissions, mensonges et contradictions que nous avons relevés.

Plus que jamais, il faut que les citoyens soient pleinement informés de tous les éléments et aspects de ce projet néfaste.

Pour celles et ceux qui n’ont pas pu assister à la réunion publique d’information du 30 septembre dernier sur le projet minier de Fontrieu, nous mettons à disposition une retranscription de toutes les interventions.

Les mots et phrases sont retranscrits tels quels, sans filtre ni correction. Si vous avez des questions, ou des réflexions concernant le document, vous pouvez nous écrire en passant par le formulaire prévu sur notre site Internet. Un extrait :

« Concernant l’emploi des produits toxiques, nocifs etc…je n’ai rien caché, le traitement des minerais peut utiliser des produits plus ou moins toxiques, plus ou moins dangereux, oui c’est connu et il y a pas à s’en cacher. Enfin je veux dire, vous utilisez tous des véhicules, ces véhicules ont été construits à un moment ou à un autre BRUITS DE FOULE ça ne veut pas dire, l’actualité ne me donne pas raison, vous avez tous vu l’incendie à Rouen, les activités industrielles comportent des risques […] Il y a une partie du périmètre qui n’a pas fait l’objet d’une reconnaissance jusqu’à présent mais qui est supposé, d’après les modèles géologiques qui ont été reconstitués, supposé une extension. Vous dire aujourd’hui où sera ou serait une éventuelle exploitation, on en sait rien. Est-ce que ça sera le ciel ouvert ? pas ciel ouvert ? à tel ou tel endroit ? une entrée en souterrain ? APPLAUDISSEMENTS je sais pas à quoi je dois attribuer ces applaudissements »…
Télécharger/visualiser la totalité du document en cliquant ici !

Mr Folliot s’est récemment drapé d’une robe d’avocats, pour voler au secours d’une tranquillité des esprits soit-disant malmenée sur notre affaire de mine de tungstène locale.

Si son absence le jour de la réunion publique à Biot le 30 septembre n’a pas échappé aux personnes présentes, notre député aurait toutefois gagné à écouter de ses propres oreilles les propos entendus par toutes et tous lors de cette réunion. Las, il semble que le rapport qui lui en a été fait ait été pour le moins approximatif, si l’on prend pour hypothèse acquise sa bonne foi.

Premières approximations de Mr FOLLIOT : « le représentant du ministère de la Transition écologique et solidaire n’a éludé aucune question quant au dimensionnement du projet – petit –, ses implications environnementales, les structures qui seront développées s’il se réalise, sa gouvernance (rôle du ministre de l’Économie et du préfet du Tarn, suivi par un comité consultatif indépendant) etc. »

Faux.

Ni le dimensionnement du projet en terme d’infrastructures, ni leur positionnement, ni les implications environnementales n’ont fait l’objet d’explications suffisantes. Se cantonnant quasi-constamment au fait qu’il ne s’agissait que d’exploration, Mr Galin a concédé l’usage de produits dangereux et toxiques pour le traitement du minerai. En revanche, aucune information ou explication n’a été donnée sur les infrastructures et leurs implications si ce projet est validé : positionnement de l’usine de traitement, volume considérable d’eau pour le traitement, emplacement des verses de stériles miniers, emplacement des digues de stockages des boues de traitement, etc… Si les interrogations sur les conditions d’exploitation ont été « éludées » par les intervenants, ce fut pour confirmer que cette entreprise était bel et bien là pour « gagner de l’argent ». Sachant que l’exploration coûterait à Tungstène du Narbonnais quelques 10 à 11 M€, c’est implicitement reconnaître le but de cette affaire de mine : EXPLOITER.

Faux encore : comité consultatif indépendant ? QUID ? Cela n’apparaît nulle part !

Approximations encore : « Lors de la séance de questions/réponses, ces interlocuteurs ont tour à tour répondu aux interrogations et apostrophes des participants, et notamment des élus locaux et des associations et citoyens opposants au projet. »

Faux aussi :

Des questions précises sur l’ancienne mine voisine de Montroc, initialement évoquée par Mr Le Préfet comme exemple à promouvoir, ont été posées sans que soient apportées en séance des réponses : que signifie ‘installation hydraulique de sécurité’ dans l’arrêté préfectoral, ? où seront stockés les déchets de traitement des eaux d’exhaure une fois le site d’entreposage de Montroc saturé, etc. ? Il a été convenu que les réponses seraient apportées par écrit notamment au collectif Stop Mines 81. Dans tous les cas, elles ne l’ont pas été en cours de réunion, alors que ces problématiques sont directement transposables au projet de Fontrieu.

Approximation encore : la lettre de Mr FOLLIOT au Ministre de l’Économie (6 juin 2019) fait part du « permis de recherches visant à identifier la présence en sous-sol de Tungstène ». Mais nul besoin de travaux pour « identifier la présence du tungstène »  : sa présence est connue depuis des décennies, elle est mentionnée à de multiples reprises dans les documents même de Tungstène du Narbonnais et il a même existé au siècle dernier un permis d’exploitation (sans suite donnée heureusement) !!

Approximation toujours, et même une forme de lapsus dans la réponse du Ministre de l’Économie Mr LEMAIRE , mais qui finalement répond implicitement à l’interrogation de notre député sur la présence ou non de tungstène dans le sol: dans sa réponse du 8 août 2019, il ne parle même plus de permis de recherche, mais bien de « permis exclusif de mines « ‘La Fabrié’ ».

Approximation une fois de plus, quand notre député écrit : « Pour ma part, j’ai pris une position claire, en cohérence avec mes attitudes passées, qui consiste à accepter le principe des études de faisabilité de tous projets, de l’analyse des ressources et de compréhension des conséquences tant économiques que sociales et environnementales d’une initiative de ce type. » C’est méconnaître dans son ensemble la mécanique administrative de ce type de dossier, et méconnaître le contenu du dossier même. Il ne s’agit pas ici d’étude de faisabilité. Si le gouvernement octroie le permis de recherche, le permis d’exploiter sera réservé à Tungstène du Narbonnais. Ce dernier déposera une demande dans cette optique dès que possible, comme mentionné au demeurant dans leur mémoire de demande d’octroi (tome II page 68).

Approximation enfin quand notre député dit :  « C’est uniquement à l’issue de ce processus et avec tous les éléments en ma possession que je me prononcerai définitivement sur ce projet. Le légitime principe de précaution ne doit pas être prétexte à blocage pour empêcher de donner une perspective à notre territoire de montagne que j’ai sans relâche et toujours défendu. »

Le principe de précaution n’est pas seulement légitime, c’est un principe LÉGAL, inscrit dans la constitution :  » La révision constitutionnelle entrée en vigueur le 1er mars 2005 a introduit dans la Constitution la Charte de l’environnement dont l’article 5 définit les modalités d’usage du principe de précaution : mise en place de procédures d’évaluation des risques et de mesures de protection provisoires et proportionnées pour parer à d’éventuels « dommages graves et irréversibles à l’environnement », lorsque les connaissances scientifiques ne permettent pas d’en écarter le risque. » (https://www.vie-publique.fr/politiques-publiques/evaluation/principe-precaution-mieux-encadrer-mise-oeuvre.html).

Notre député devrait réviser ses classiques, ce qui est à considérer comme la moindre des choses pour une telle fonction. On conçoit aisément que ce principe devient gênant lorsqu’on a décidé de soutenir les ardeurs d’extraction minière du gouvernement que l’on cautionne…
S’agissant de la « perspective » que l’on veut donner à « notre territoire », il me semble qu’elle est tracée depuis longtemps sans mine, et que c’est d’abord aux habitants d’en décider, pas à notre député.

Évidemment, considérer a priori un projet extractiviste comme source de progrès pour son territoire n’est pas contraire à la loi, et constitue une position qu’il convient de respecter en tant que partie intégrante du tableau bigarré des opinions sur le sujet.

Tout un faisceau d’indices nous montre la tournure que semble prendre cette affaire.

Un seul exemple.

Mr Rémi GALIN, qui est venu prendre une part active dans la réunion du 30 septembre, notamment représentant du Ministère de la transition écologique et solidaire et membre permanent du Comité pour les métaux stratégiques (C.O.M.E.S.), connaît très bien Mr Alain LIGER, l’un des directeurs de Tungstène du Narbonnais, qui a été notamment secrétaire général dudit COMES, co-coordinateur au titre du Ministère de l’économie avec Mr GALIN lui-même de la collection « la mine en France » (http://www.mineralinfo.fr/page/mine-en-france-letat-lart).

Ce même Alain LIGER qui a été commissionné dans ce cadre par un certain Emmanuel Macron, alors dans les fonctions de Ministre de l’Économie :
http://www.mineralinfo.fr/actualites/emmanuel-macron-installe-groupe-travail-qui-va-definir-mine-responsable
et à l’époque « spécialiste des questions minières au conseil général de l’économie, de l’industrie, de l’énergie et des technologies », organisme qui doit rendre un avis à Monsieur le Ministre sur notre « projet de mine ».

Non, il ne s’agit pas d’études. La réponse de Mr Le Ministre à l’endroit de Mr la Maire de Fontrieu (https://www.fontrieu.fr/sites/fontrieu.fr/www.fontrieu.fr/files/inline-files/doc07255220190918104156.pdf) le dit : « le projet concerne le tungstène qui est une substance stratégique. Il importe que la France soit en mesure d’étudier les possibilités de développer des projets miniers responsables sur son territoire. »

Le gouvernement veut développer des projets miniers !

Mr Folliot a le droit, comme quiconque en tant que personne, d’être pour la mise en péril du patrimoine naturel et des ressources en eau de ses montagnes, ressources qui elles s’avéreront réellement stratégiques quand on regarde l’évolution des dernières années et les perspectives à la lumière des futurs bouleversements climatiques. Mais Mr Folliot n’a pas le droit de l’imposer à une population qui n’en veut pas !

Mr Folliot devrait plutôt faire connaître les réponses précises qui ont été apportées par Monsieur le Ministre de l’Économie et des finances à ses interrogations formulées le 20 décembre 2005 au sujet de la fermeture de la mine de Montroc, pour mettre en avant les immenses avancées sociales à attendre de ce type de projet !